Depuis très longtemps, le mouvement des comités révolutionnaires de Mauritanie souffrait de profondes déchirures qui l’ont jeté dans une longue phase de débandade. Ou du moins ce qui apparaissait de ce gigantesque iceberg témoignait de l’existence de sérieuses divergences.
Samedi dernier, et pour la première fois, des fervents militants de ce mouvement ont osé afficher publiquement leur volonté de rompre avec la clandestinité qui a pour longues années caractérisée la vie du mouvement.
Le sociologue Mohamedou ould Boydiye l’une des figures de proue du mouvement des comités révolutionnaires Mauritaniens avait présidé à hôtel Chinguitti Palace une conférence de presse au cours de laquelle il avait renoncé ouvertement, au nom de ce qu’il l’a appelé le mouvement réformiste au sein des comités révolutionnaires, au combat clandestin.
Entouré d’une dizaine de compagnon ould Boydiye a demandé à l’ensemble des comités révolutionnaires de Mauritanie, aux restant des membres du parti de la démocratie directe et ceux de la diaspora indécis, de rejoindre le Congrès Populaire Mauritanien. Ce dernier est selon ould Boydiye le vrai cadre légal et démocratique par lequel le mouvement devra jouir de ses droits politiques dans la transparence et la légalité.
Répondant aux questions de journalistes qui ont l’habitude de taquiner les militants du mouvement, le président du congrès populaire Mauritanien a explicité la position de son mouvement face aux caprices et imprévisions de la politique étrangère Libyenne.
« Notre parti dit-il, n’a rien à se reprocher si la Libye adopte telle ou telle orientation. Nous sommes plutôt une formation politique Mauritanienne à 100% régie par les lois et normes de l’Etat et de la société Mauritaniens. » puis il a ajouté « pouviez vous reprocher au mouvement du MND des années 70 d’avoir épouser les idéaux de Mao Tsétong ? Evidement non ! Parce que la politique de Mao n’engageait que les chinois, tandis que la pensée est un patrimoine humain qui avait dépassé les frontières de la Chine populaire. » Notre mouvement donc n’est pas un pays ou un Etat pour qu’il ait des relations avec la Libye ou n’importe qu’elle autre pays. Nous sommes un courant politique et culturel et rien ne nous lie à la Libye autre que la théorie que nous épousons, a heureusement pu être appliqué et actualisé en Libye. La Libye donc est la première Jamahiriya de l’histoire. Cela dit, nous n’avons aucun complexe de dire que le modèle de démocratie et de distribution des ressources appliqué en Grande Jamahiriya nous réconforte et nous honore. Voilà ce qui nous lie à la Libye, tout comme ce qui avait lié le mouvement du MND à la chine de Mao ou le Baath à l’Irak de Saddam. »
Il faut dire qu’au cours de son allocution monsieur Mohamedou ould Boydiye a voulu édifier l’assistance sur le mouvement des comités révolutionnaires Mauritanien : « Sachez de prime abord, que le mouvement des comités révolutionnaires est un courant politique et culturel dont les militants épousent les idéaux et solutions apportés par la troisième théorie internationale que renferme le livre vert. Ce dernier est un manuel qui regroupe l’essence de toutes les expériences humaines dans les domaines politique, économique et social. Par exemple en politique nous incitons le peuple à exercer lui-même le pouvoir en s’organisant dans des congrès et des comités populaires. En économie, nous appelons à la disparition du système des salariés pour le relayer par celui des associés. L’employé redevient producteur associé. En fait en exploitant le livre vert nous découvrons une infinité de principes et règles pleins de sagesse et d’humanisme : La maison est la propriété de celui qui l’occupe ; Le véhicule est la propriété de celui qui le conduit ; La terre n’est la propriété de personne ; Par-dessus cela, vous allez découvrir que notre mouvement n’aspire pas au pouvoir et que notre rôle principal est de sensibiliser les bases populaires pour qu’elles deviennent maître de leurs pouvoirs de leurs richesses, bref de leur propre sort. C’est à la fin des années 80 , confirme-il, que le mouvement avait vécu une grave crise de confiance qui l’avait mené droit vers plus de clandestinité, mais surtout vers plus de décentralisation dans ses activités et ses coordinations. Le climat d’incertitude et de marchandage et de spéculation politique et sécuritaire avait poussé l’ensemble des MATHA BATS et personnalités dirigeantes à adopter le système du travail à la sourdine.
Nous considérons que les raisons et conditions qui nous ont poussé à travailler en cachette ont aujourd’hui disparu complètement. En Mauritanie on a quand même l’impression que chacun est libre d’épouser les idées politiques qui lui semblent fiables et bonnes. Dans ce cas pourquoi continuer de prétendre que nous sommes toujours poursuis par l’Etat ? Nous sommes un courant politique et nous n’avons rien à cacher ni à cuisiner en clandestinité. Comme toute formation politique, nous n’avons qu’une seule et unique arme : le raisonnement politique. Ceux qui veulent continuer de travailler en clandestinité sont hors du consensus et n’expriment que leur propre point de vue.
A rappeler que plusieurs invités de marque ont fait le déplacement dont notoirement le candidat Saleh ould Hanenne, le porte parole de Zeine et les représentants de quelques candidats à la présidence et partis politiques.